Lumière sur le Vampire

Créature damnée et envoûtante, le mythe du vampire a traversé les siècles. Le terrifiant mort-vivant du passé est ainsi devenu, dans ses versions les plus modernes, un véritable sex-symbol. L’étrange fascination qu’inspirent ces êtres immortels accros au sang, créatures de la nuit à la fois sensuelles et ténébreuses, est apparue dans la littérature, notamment à travers Entretien avec un vampire d’Anne Rice, dont les personnages principaux sont décrits comme si sublimes qu’ils ont été interprétés au cinéma par Brad Pitt et Tom Cruise.

On associe aisément ces êtres immortels à Eros et à Thanatos, le vampire étant charrié sans cesse du désir sexuel à la mort, autant qu’à la dualité entre le bien et le mal, entre l’humain et la bête, la vie et la mort… Cependant, malgré la très forte influence de la littérature et au cinéma, le folklore autour du vampire est loin de s’arrêter à cela.

Vlad Tepes, alias Drăculea

Vlad III, connu également sous le nom de Vlad l’Empaleur, était, dit-on, un véritable tyran sanguinaire. Son surnom provient du fait qu’il avait l’habitude de faire empaler ses opposants. Selon la légende, il lui arrivait de dîner devant ce morbide spectacle.

Vlad III naît en 1431, son père, Vlad II souverain de Valachie, appartient à l’ordre du Dragon. C’est de cette société de chevalerie que celui-ci tire alors son nouveau nom, Dracul, signifiant « dragon » en ancien roumain. Il le transmettra à son fils sous la forme de Drăculea, voulant littéralement dire « fils de dragon ».

Une statue de Vlad l’empaleur située à Trigoviste, en Roumanie.

C’est de ce nom et de cet être aux allures démoniaques que Bram Stocker s’inspirera pour créer le personnage du comte Dracula, dont le roman éponyme paraît en 1897. Il reprend ainsi quelques traits caractéristiques de Vlad Dracul, dont sa noblesse et sa vie en Transylvanie.

Dracula, le vampire le plus connu de la littérature, est donc inspiré de ce tyran à l’incommensurable la soif de sang, décrit sur des gravures sur bois et des libellés comme « un vampire sanguinaire se repaissant de chair humaine et buvant du sang, attablé devant une forêt de pals ».

Représentation tirée des chroniques de Brodoc montrant Vlad Țepeș dînant devant une « forêt de pals ».

La comtesse sanglante

Une des grandes inspirations du mythe aristocratique du vampire est la comtesse hongroise Elisabeth Báthory. Au XVIIe siècle, elle aurait été à l’origine de plus de six cents meurtres et tortures de jeunes femmes, à qui elle aurait fait subir, à l’aide de plusieurs complices, des sévices allant de mutilations, à des brûlures, en passant par des morsures sur tout le corps, y compris le visage. Son statut de noble lui permit de ne pas être condamnée à mort. Elle sera toutefois assignée à résidence dans une seule des pièces de son grand château, dans lequel elle mourra en août 1614.

La croyance populaire voudrait que celle-ci se soit baignée dans le sang de ses victimes pour conserver une jeunesse éternelle. On dit qu’elle était persuadée que le sang des jeunes femmes vierges allaient lui procurer beauté et jeunesse pour l’éternité. Cela qui lui vaudra les surnoms de « comtesse sanglante » ou « comtesse Dracula », et une place importante dans le folklore lié au vampire.

L’un des nombreux portraits d’Elizabeth Bathory. © DR

Vampire, une maladie ?

Et si les attributs du vampire étaient causés par des pathologies réelles ?

Le mythe du vampire a, en effet, des explications médicales. Il existe, par exemple, une forme de porphyrie, maladie génétique extrêmement rare due à l’injection de métaux lourds, qui rend la peau particulièrement sensible à la lumière.

Les personnes atteintes de protoporphyrie érythropoïétique, plus nombreuses dans les Balkans – d’où provient le mythe – ne peuvent pas sortir en plein jour. L’hème, essentielle à la fabrication d’hémoglobines, est dysfonctionnelle. On pourrait ainsi supposer que certains malades auraient tenté de combler leur déficit en hème en buvant du sang.

Il existe également des cas de vampirisme clinique, appelé syndrome de Renfield en hommage au personnage du roman Dracula. Dans l’ouvrage, Renfield se nourrit d’animaux vivants dans l’espoir de s’approprier leur énergie vitale. Mais le vampirisme clinique est symbolisé par l’ingestion de sang humain, et souvent associé à d’autres comportements déviants tels que le sadisme ou le cannibalisme.

Le mythe du vampire est plus (mort) vivant que jamais aujourd’hui. Nombreux sont ceux qui cherchent la notoriété en surfant sur cette tendance. Citons par exemple Jonathon Sharkey, plusieurs fois candidat aux élections présidentielles américaines et membre de l’Eglise de Satan. Celui-ci prétend consommer du sang humain deux fois par semaine – sang qu’il prélève sur ses amantes.

Ce comportement peut être assimilé aux prédateurs sexuels ou émotionnels manipulant leur proie – quand on a de l’emprise sur une personne, on dit qu’on le « vampirise ».

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Article inspiré du mini documentaire La science face aux vampires !  publié sur la chaîne Youtube de Fabien Olicard.

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