Les vapeurs de l’océan

Au fin fond de l’océan Atlantique, près des côtes norvégiennes, il existerait une créature aquatique énigmatique nommée Hafgufa. Son nom lui-même est empli de mystères, car il peut se traduire par « brouillard marin » ou bien « vapeurs de l’océan » en ancien norvégien.

Il y est décrit comme étant une créature océanique aussi grand qu’une île, sans toutefois montrer entièrement sa forme car il apparaît en temps de brouillard. Son corps ne se distingue d’ailleurs pas vraiment d’une île, ressemblant plus à une terre qu’à un véritable poisson. Sa bouche et son nez ressemblent à de la roche. Le Hafgufa est probablement une créature titanesque, car il est tout autant capable de dévorer des poissons, que des marins, des navires ou des baleines. L’Attila des poissons et des pêcheurs de Pinocchio n’a qu’à bien se tenir !

Le Hafgufa est souvent confondu avec Lyngbakr, lui aussi présent dans la la saga d’Örvar-Oddr, et qui serait là aussi un monstre marin gigantesque ayant la particularité de se faire passer pour une île afin d’attirer les bateaux et de les engloutir dans les profondeurs océaniques.

Le Hafgufa est notamment décrit dans deux textes anciens : dans la saga d’Örvar-Oddr de Edda de Snorri et dans un manuel d’instruction royal nommé Le Miroir royal.

L’inspiration d’une créature légendaire

Ces créatures pourraient également être à l’origine du Kraken, qui lui aussi provient du folklore scandinave. Si les œuvres décrivant le Hafgufa et le Lyngbakr datent du XIIIe siècle, le Kraken, lui, est apparu bien plus tardivement, puisque les premiers écrits l’évoquant datent du XVIIIe siècle.

Vingt mille lieues sous les mers, Jules Vernes, 1870, illustration présente dans l’édition originale.

En 1735, dans la première édition de Systema Naturae, Carl von Linné décrit le Kraken comme un cephalopode, en lui attribuant le nom scientifique de Microcosmus. Près de vingt dans plus tard, il sera décrit par Erik Pontoppidan dans son ouvrage Histoire Naturelle de Norvège.

Dans les premiers récits évoquant son existence, le Kraken est par ailleurs décrit comme étant une créature  « de la taille d’une île flottante », dont la réelle menace n’était pas le Kraken en lui-même, mais le tourbillon qu’il provoquait en plongeant dans les profondeurs maritimes.


Loin, loin, dans le calme des abysses,

Enveloppé de son très vieux sommeil sans rêve,

Repose le Kraken.

De faibles reflets de lumière

Frôlent ses flancs ténébreux.

Des éponges géantes, millénaires,

L’entourent.

Dans la pénombre des cavernes infinies,

D’énormes poulpes

Démêlent de leur bras la verte statuaire.

Il s’y repose depuis les premiers âges

Et toujours monstrueusement grandit,

Tennyson, extrait de son poème Kraken, 1830

Une origine naturelle ?

Ces créatures proviennent probablement de l’imaginaire des marins, qui traversaient les fjord – ce qui désigne, en Scandinavie, d’anciennes vallées glacières traversées par la mer. Lorsque ceux-ci étaient envahis par le brouillard, cela pouvait leur donner l’impression d’apercevoir des îles qui n’existaient pas auparavant, et, parfois, des étranges mouvements sur les parois rocheuses. Les marins espéraient alors simplement passer outre ces mâchoires hallucinées.

Mais les observations de ces étranges créatures peuvent aussi être à l’origine d’une réaction volcanique créant un bouillonnement sous-marin, permettant parfois même la création de nouveau îlots.

Certains phénomènes tels que des glissements de terre sous-marins, souvent provoqués par des tremblements de terre, peuvent faire émerger des bulles de gaz tels que le méthane – ce qui, en plus de créer une réaction à la surface, peut également causer des incendies, expliquant possiblement certaines mystérieuses disparitions dans le triangle des Bermudes.

Ces gaz pourraient également être à l’origine de la création du monstre du Loch Ness – affectueusement appelé Nessie. En effet, la végétation pourrissant au fond du lac pourrait accumuler du gaz, qui, au bout d’un moment, se libère. Certains troncs d’arbres pourraient ainsi être éjectés à la surface sous la pression du gaz avant de couler à nouveau, perpétuellement, et ce pendant des années, nourrissant les témoignages de ceux qui voient une silhouette sortir brusquement de l’eau avant de plonger à nouveau dans les profondeurs du lac.

Loch Ness Monster, peinture d’Hugo Heikenwaelder, 1999

Article inspiré du point culture sur les cryptides d’Alexis Breut, alias Linksthesun, et du « 5 théories sur le monstre Loch Ness » de Didichandouidoui.

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