Les curieux vitraux du laboratoire abandonné

Un peu d’histoire.

En 1907 fut fondée la Batavian Petroleum Company, une société Néerlandaise partenaire de la Société britannique Shell. En 1913, dans le Nord d’Amsterdam fut inauguré un grand complexe industriel de transformation de sous-produits pétroliers. En 1914, on lui adjoint un bâtiment doté d’une technologie de pointe à l’époque, le « Grand Laboratoire ». Le complexe industriel et scientifique d’Amsterdam-Nord fut ensuite actif jusqu’à la fin du XXème siècle, avant d’être abandonné.

Le Grand Laboratoire tel qu’il apparaît aujourd’hui

Une découverte inattendue

C’est dans ce laboratoire désert que des militants du mouvement « Occupy » découvrirent en 2011 de bien étranges vitraux. Ces oeuvres, situées dans la cage d’escalier de l’aile Ouest du laboratoire furent conçues par l’artiste Max Nauta. leur symbolisme occulte, couplé aux circonstances de leur découverte lancèrent de nombreuses spéculations sur différents réseaux privilégiés par les adeptes des théories de conspiration. Mais au-delà des fantasmes que ces fenêtres ouvragées peuvent déclencher en nous, si nous étudions plutôt chacun de ces vitraux avec attention ?

La fenêtre du Jubilé

Cette fenêtre représente les activités de la compagnie pétrolière. On l’installa, comme son nom l’indique, 25 ans après l’inauguration du bâtiment, en 1939. En son centre, on peut distinguer une allégorie la distillation du pétrole; un feu brûle sous une flasque en forme de 8. A l’intérieur du bas de cette flasque, on devine des figures féminines aux couleurs ternes (le pétrole brut). Mais dans la partie supérieure, on distingue des femmes dont les couleurs sont beaucoup plus vives (le pétrole raffiné).

Au sommet, l’œil qui voit tout est placé dans un pentagramme et de chaque côté de la flasque, des signes issus de l’alchimie, dont la pierre philosophale, et dans les coins, on distingue les symboles des quatre éléments. A la base du feu qui chauffe la flasque, il y a une inscription en latin qui signifie « prie, lis, relis, travaille et tu trouveras ». Enfin, sur les vitres latérales, on peut voir les anciens et les symboles du carbone, du pétrole et de l’hydrogène…

La fenêtre du Jubilé

La fenêtre du souvenir de la Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, Nauta a confectionné un autre vitrail commémoratif pour le Grand Laboratoire. Trois oiseaux sont visibles sur la fenêtre du milieu : au centre, un grand phénix couronné (symbolisant la renaissance) qui sort des flammes, en bas à gauche un pélican avec des petits (symbole de sacrifice) et en bas à droite une grue qui piétine un dragon(symbole de vigilance). Dans une sorte de banderole en bas, un extrait de la lettre de Paul aux Galates : « Tu es appelé à la liberté ».

Sur les deux fenêtres latérales sont mentionnés les noms de dix-sept employés de la Batavian Petroleum Society morts pendant la guerre, parmi lesquels les technologues Willem Coltof, le dr Hijman Limburg, le chimiste et résistant Zeno Paul Polak et le technicien de laboratoire Jacob Vos. Parmi les autres symboles, citons le drapeau néerlandais, les tablettes de pierre inscrits d’une étoile de David, une goutte de sang, un casque militaire et une épée.

La fenêtre commémorative de la seconde guerre mondiale
La fenêtre Caviët 

La Fenêtre Caviët

La fenêtre du troisième étage est dédiée à Gérard Johan Louis Caviët (1887-1963). Directeur du laboratoire de 1920 jusqu’à sa retraite en 1945. Il était alors devenu l’un des plus grands industriels au Monde.

Dans la fenêtre centrale est représentée une figure féminine. Dans sa main droite elle tient un panneau montrant le terrain d’Amsterdam en vue d’oiseau et l’inscription « de 1920 à 1945 ce laboratoire a grandi sous G.J.L. Caviët » . Dans sa main gauche, elle tient un plateau affichant un navire pétrolier et trois derricks. Autour de sa tête se trouvent les lettres BPM pour Bataafsche Petroleum Maatschappij. Sur les vitres latérales, enfin, on distingue, entre autres, la couronne de la Royal Oil et la coquille de Shell.

Un détail de la fenêtre « Caviët »

Finalement, ces vitraux, une fois étudiés se révèlent sans doute moins mystérieux qu’on pourrait le penser au premier abord. Mais qui sait si ces œuvres ne dissimulent pas d’autres symboles secrets, cachés aux profanes ? Et vous, comment interprétez-vous ces oeuvres ?

Article écrit à l’aide de la page wikipedia néerlandaise du laboratoire

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