La sirène du Rhin

Non loin de la commune de Saint Goarshausen, en Allemagne, il existe un rocher de 132 mètres surplombant le Rhin. Celui-ci est appelé Loreley, ce qui peut signifier « rocher de l’écho », car, autrefois, lorsque le site était moins fréquenté, on pouvait y entendre un écho qui se répétait sept fois.

Le rocher diminuant la largeur d’une fleuve d’un quart, il se trouve à l’endroit le plus étroit du Rhin, que l’on appelle aujourd’hui le « Rhin romantique » – nous y reviendrons. Du fait des forts courants et des rochers immergés à cet endroit, il est très difficile d’y naviguer, ce qui causa de nombreux accidents de navigation au long de l’histoire.

Ces accidents donnèrent à la fois au rocher une funeste réputation, et l’inspiration au romantique allemand Clemens Brentano d’un personnage appelé la Laure Lay, devenant par la suite la légendaire nixe Lorelei.

Vue sur le rocher Loreley

Pour Brentano, Laure Lay est le symbole de l’amour passionnel. Elle apparaît pour la première fois dans une ballade de son roman Godwi (1801), comme étant une femme trompée par son amant. Il s’inspire en grande partie du mythe d’Echo, jeune femme qui tombe amoureuse de Narcisse mais se fait éconduire. Le coeur brisé, celle-ci se s’affame et se laisse dépérir jusqu’à disparaître, sa voix seule demeurant, ce qui donne lieu au phénomène de l’écho.

Plus tard, le poète décrira Laure Lay comme une femme blonde et malheureuse se peignant sur un rocher.

L’idée d’une femme aux cheveux dorés, assise sur un rocher perdura, donnant naissance au mythe de la Lorelei, nixe – équivalent des nymphes grecques. D’après la légende, la Lorelei est une sublime femme, fille du Rhin, qui attire les marins de sa voix mélodieuse, si bien qu’ils en oublient la navigation de leur bateau et finissent par s’écraser sur les rochers et par se noyer.

Die Lorelei, 1864, Eduard Jakob von Steinle

Tour à tour un symbole national, figure fantomatique ou femme fatale, elle incarne, en psychologie, la puissance que nos sens peuvent entraîner, jusqu’à dépasser la raison, pouvant nous mener à faire des choses inconsidérées. A ce titre, on peut tout à fait l’associer à l’expression « céder aux chants des sirènes ».

La Lorelei continue de nourrir l’imaginaire, en particulier des poètes, le plus connu étant sans doute Heinrich Heine, qui écrivit La Loreleï en 1823 :

Mon cœur, pourquoi ces noirs présages ?
Je suis triste à mourir.
Une histoire des anciens âges
Hante mon souvenir.

Déjà l’air fraîchit, le soir tombe,
Sur le Rhin, flot grondant ;
Seul un haut rocher qui surplombe
Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle
Assise, rêve encore ;
Sa main, où la bague étincelle
Peigne ses cheveux d’or.

Le peigne est magique. Elle chante,
Timbre étrange et vainqueur,
Tremblez, fuyez ! La voix touchante
Ensorcelle le cœur.

Dans sa barque, l’homme qui passe,
Pris d’un soudain transport,
Sans le voir, les yeux dans l’espace,
Vient sur l’écueil de la mort.

L’écueil brise, le gouffre enserre,
La nacelle est noyée,
Et voilà le mal que peut faire
Lorelei sur son rocher.

De nos jours, une véritable Lorelei vit au pied du rocher, sur le quais du port. En effet, une statue a été érigée en honneur de la légende de ce rocher et de sa nixe ensorcelante.

Article librement inspiré des données de Wikipédia.

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